Le groupe Quick (*), en offrant, dans huit de ses établissements, de la nourriture répondant exclusivement aux critères halal, a provoqué des réactions antagonistes. Certains ne voient dans ce choix qu'un exercice de la laïcité, d'autres une pure opération de marketing, les troisièmes enfin, à l'image du maire de Roubaix, René Vandierendonck, une atteinte à la liberté des consommateurs et surtout un encouragement au communautarisme.
Mais il est un détail sur lequel personne, ni les acteurs de l'événement, ni les médias, n'ont jugé bon de s'attarder, c'est sur la signification exacte de "halal" et comment, dans la pratique, on obtient des aliments qui peuvent jouir de ce "label" vieux comme l'islam.
L214 et Charal http://www.dailymotion.com/video/xba1z9_abattage
Pour les frites ou la salade, ça ne paraît pas trop compliqué. Notre intérêt se porte sur la viande. Elle provient d'un animal tué, dans un abattoir, par un "sacrificateur agréé", bon musulman, qui doit se livrer en théorie à un rituel précis. Mais surtout, l'animal en question, qu'il s'agisse de volailles, d'ovins, de caprins, de bovins et même de chevaux, doit, en France, être conscient au moment de la saignée. En termes plus crus, il est égorgé sans étourdissement préalable, comme pourtant le veut la loi française qui, depuis 1964, exige qu'avant son abattage, un animal soit étourdi selon diverses méthodes, ceci afin de lui éviter un surcroît de stress et de souffrance. Or, en même temps que cette obligation voyait le jour, arrivait une dérogation pour les cultes juifs et musulmans dont les responsables refusaient l'idée même de l'étourdissement préalable.
Il est des pays en Europe où la communauté musulmane consomme de la viande provenant d'animaux tués selon le rite, mais ayant été étourdis avant l'abattage. Le culte exige seulement que l'animal soit "vivant", pas forcément conscient. La France préfère tolérer la souffrance de millions d'animaux chaque année (leur nombre ne cesse de croître) plutôt que d'imposer le respect de la loi à tous sans exception, que l'on soit chrétien, juif, musulman, ou athée.
Impossible de voir dans ces choix, qui sont communs à la droite, à la gauche, au centre, d'autres motifs qu'électoralistes. Les animaux ne votent pas, ne protestent pas, et leurs cris ne passent pas les murs des abattoirs, lieux impénétrables pour le quidam, et où sont parfois perpétrées de très horribles choses (voir l'enquête de L214 dans les abattoirs de Charal, et la plainte pour actes de cruauté sur les animaux qui s'en est suivie).
Nous aimerions beaucoup qu'enfin les médias et les politiques sortent de leurs sentiers battus, abandonnent les clichés et les dénis et cessent, dans leurs déclarations, de considérer les animaux comme de la viande, ce qu'ils ne sont pas plus que nous ne sommes des cadavres, du moins avant d'être bel et bien morts. Nous aimerions que les médias et les politiques prennent enfin en compte l'existence des bêtes qui vivent, qui sentent et qui éprouvent, fussent-elles "de consommation". Nous aimerions, si l'on ne peut se passer de les manger, que la loi qui tend à les protéger un minimum soit enfin respectée par TOUS, sans distinction "d'origine, de race ou de religion".
Et nous aimerions aussi qu'au lieu de se
demander s'il est normal qu'un établissement de restauration rapide "prive" ses clients de bacon et le remplace par de la dinde fumée, on se pose enfin la vraie question, la seule : a-t-on le droit, sous prétexte de croyances qui ne concernent que ceux qui croient, de générer de la souffrance qui
pourrait être évitée ?
(*) Le groupe Quick, par le biais de la Caisse des Dépôts, est la propriété de l'Etat français
signez la pétition contre l'abattage rituel en cliquant sur le lien ci-dessous :
http://www.lapetition.be/en-ligne/non-labattage-rituel-clermont-fd-5094.html
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